C’est l’heure de la débauche : la cloche sonne pour la livraison du dixième numéro du Jus de Citron. Le thème de cet opus est le travail. Vous savez, le travail. Ce joli mot qui commence avec celui de notre mère parturiente, qui produit notre naissance et s’achève par ce travail du chapeau lorsque la vieillesse nous prend la tête. Entre les deux, toute une vie de turbin. Et ces menaces méprisantes, « Travaille, petit(e), si tu ne veux pas finir caissière », qui, devenu adulte, deviennent des injonctions au conformisme : « il n’y a pas de sot métier ».
Certains rêvent de fortune pour une retraite bien méritée. L’entreprise est un monde social où on peut s’épanouir et chercher une émancipation. C’est qu’on a la vocation alors. Le travail est aussi aliénant parce qu’il accapare notre corps et notre esprit jusqu’à nous abrutir mais aussi parce qu’il est une douce bergerie où on peut garder les moutons égarés. Le travail s’exerce en bureau, en magasin, en atelier, en usine, dans les mines et les jardins, seul ou à plusieurs. Même quand on en est privé, il nous occupe pleinement. Car l’oisiveté est un péché dans notre société de production. D’ailleurs, tout travail mérite salaire tend à devenir tout salaire mérite travail.
On voit que le champ des possibles est vaste. Et les huit candidats qui ont pointé pour cette tâche ont écrit des textes très différents pour explorer toutes les facettes de cette énorme partie de nos vies.
Il vous reste maintenant tout le loisir de vous plonger dans le Jus de Citron pour découvrir ces histoires.
Bonne lecture !